Transformer une passion amoureuse en vie conjugale exige une adaptation progressive aux exigences d’une vie de couple, véritable entreprise familiale.
Cette adaptation coïncide avec une diminution de la passion amoureuse, ce qui rend les choses encore plus difficiles. La difficulté s’accentue encore avec la découverte, chez le compagnon ou la compagne, de nouveaux traits de sa personnalité auxquels on ne s’attendait pas.
Avec le temps et la routine quotidienne, nous baissons la garde, notre spontanéité reprend le dessus et le “naturel revient au galop”. Apparaît alors ce que Jean Claude Kaufmann, sociologue de la famille, appelle “Le placard de barbe bleue”, les moins jolies choses de soi.
Comment faire en sorte que la déception ne prenne pas toute la place et n’étouffe pas le sentiment d’admiration qui nous a conduits à vivre ensemble ?
La patience, la tolérance, le lâcher-prise, l’écoute, nécessaires à une communication de bonne qualité, vont permettre de remédier aux différences et d’installer l’adaptation indispensable à la construction et à l’action.
Domination et soumission, encore ?
Aujourd’hui est une époque charnière dans laquelle l’homme regrette la femme qui n’est plus et la femme attend l’homme qui n’est pas encore.
L’homme s’éloigne lentement de la domination, soit parce qu’il n’est pas intrinsèquement dominateur soit parce qu’il prend conscience que la domination est obsolète. Mais les habitudes sont là, encore vivantes, “injonctions incorporées” coupables d’incompréhensions, de quiproquos, et de conflits trop souvent violents dans le couple.
La femme s’éloigne lentement de la soumission, soit parce qu’elle n’est pas intrinsèquement soumise, soit parce qu’elle prend conscience que la soumission est obsolète. Mais les habitudes sont là, solides, quasi indélogeables, sources de « pression mentale », de « burnout » et quelques fois de séparations.
Dans les conflits de couple, l’homme et la femme ne sont pas les vrais coupables. C’est indubitablement notre histoire et les 3000 années de conditionnement comportemental et moral chez l’homme et chez la femme qu’il faut interroger, juger, remettre en question, rénover, comme on dit : mettre aux goûts du jour.
Seule une réflexion sur nos héritages comportementaux et moraux et une action de réinvention et de reconstruction, pourraient venir à bout de nos inconforts et de nos mésententes quand nous abordons les sujets de domination et de soumission.
A travailler dans les articles suivants !
Entre l’homme et la femme, les différences se rejoignent…
Plus souvent les femmes que les hommes, et les études sexologiques le démontrent, vont ressentir avec l’âge, plus de réactivité sexuelle et génitale et vivre des expériences sexuelles d’abord romantiques, puis sensuelles et enfin génitales agréables.
Ces trois niveaux de plaisir sont indispensables à la femme adulte, que ce soit au moment de la rencontre amoureuse ou au bout de quelques années de vie de couple.
Une 4ème condition indispensable qu’il ne faut pas négliger : l’épanouissement individuel, qu’il soit professionnel, familial, amical, bref dans l’ensemble de la vie relationnelle d’une femme adulte.
Sa sexualité ne s’épanouira que dans un contexte amoureux stable et vivant.
On sait que l’homme ressent plus de pulsion sexuelle et que ses réactions sexuelles sont plus fortes au début de sa vie adulte. Avec l’âge ces mêmes réactions vont perdre de leur intensité.
C’est à ce moment – là que la rencontre peut devenir plus équitable et bénéfique pour les deux ?
Le romantisme, la sensualité, la génitalité ne dessineront plus une zone de conflit mais un terrain de jeu, de légèreté, de fantaisie, d’échange véritablement amoureux et … érotique.
Je n’aimerai que toi …
Je n’aimerai que toi des débuts devient inéluctablement au bout d’un certain temps, ” je reste avec toi parce que je me sens bien auprès de toi “, ou encore ” je préfère rester avec toi parce qu’avec toi, je ne m’ennuie pas “.
C’est peut-être la théorie d’un moindre mal, mais c’est la seule tenable dans la durée.
Se contenter d’un “ je te préfère ” serait plus réaliste et bénéfique que rester dans l’illusion d’un absolu puis tomber “de haut “!
Et si nous apprenions à être complices de nos imperfections et nous suffire d’un moindre bien ?
Nous pourrions bâtir un sentiment de préférence qui s’appuierait à la fois sur une complicité lucide et constructive et sur ” la part de mystère “, ce ” petit truc ” chez l’autre personne qui fait que l’on se sent bien avec elle.
Confiance sans lucidité n’est que ruine du couple
Nous décidons d’habiter ensemble au plus fort de la passion pour « abriter notre amour ».
Le lieu est complice, à l’image de nos sentiments. Presque toutes les pièces de la maison sont communes. Rien n’est envisagé au regard de nos différences présentes et de nos évolutions individuelles futures. On casse les murs, non seulement pour avoir de la lumière, mais pour nous rassurer, pour répondre à un désir fusionnel d’unité affective.
Tout se passe avec la conviction intime que « l’amour résout tous les problèmes ». Et puis on pense : « Advienne que pourra ». Le nid amoureux va devenir amoureux — conjugal (organisation de la vie domestique), puis amoureux — conjugal — parental (si on a des enfants), puis, si on n’y prend garde, avec le temps, seulement conjugal — parental – ennuyeux, puis étouffant pour l’un des protagonistes ou pour les deux.
La routine journalière, les corvées et obligations diverses vont faire barrage au couple amoureux.
“S’inviter sous le même toit” pour se parler, convoquer une lucidité créatrice, réfléchir aux éléments à modifier pour améliorer la vie commune et surtout faire plus de place au lien amoureux : c’est ce que j’appelle la confiance lucide.
