Je n’aimerai que toi des débuts devient inéluctablement au bout d’un certain temps, ” je reste avec toi parce que je me sens bien auprès de toi “, ou encore ” je préfère rester avec toi parce qu’avec toi, je ne m’ennuie pas “.
C’est peut-être la théorie d’un moindre mal, mais c’est la seule tenable dans la durée.
Se contenter d’un “ je te préfère ” serait plus réaliste et bénéfique que rester dans l’illusion d’un absolu puis tomber “de haut “!
Et si nous apprenions à être complices de nos imperfections et nous suffire d’un moindre bien ?
Nous pourrions bâtir un sentiment de préférence qui s’appuierait à la fois sur une complicité lucide et constructive et sur ” la part de mystère “, ce ” petit truc ” chez l’autre personne qui fait que l’on se sent bien avec elle.
Confiance sans lucidité n’est que ruine du couple
Nous décidons d’habiter ensemble au plus fort de la passion pour « abriter notre amour ».
Le lieu est complice, à l’image de nos sentiments. Presque toutes les pièces de la maison sont communes. Rien n’est envisagé au regard de nos différences présentes et de nos évolutions individuelles futures. On casse les murs, non seulement pour avoir de la lumière, mais pour nous rassurer, pour répondre à un désir fusionnel d’unité affective.
Tout se passe avec la conviction intime que « l’amour résout tous les problèmes ». Et puis on pense : « Advienne que pourra ». Le nid amoureux va devenir amoureux — conjugal (organisation de la vie domestique), puis amoureux — conjugal — parental (si on a des enfants), puis, si on n’y prend garde, avec le temps, seulement conjugal — parental – ennuyeux, puis étouffant pour l’un des protagonistes ou pour les deux.
La routine journalière, les corvées et obligations diverses vont faire barrage au couple amoureux.
“S’inviter sous le même toit” pour se parler, convoquer une lucidité créatrice, réfléchir aux éléments à modifier pour améliorer la vie commune et surtout faire plus de place au lien amoureux : c’est ce que j’appelle la confiance lucide.
La complicité est le fondement de l’intimité du couple
Tel est le constat dévoilé en premier lieu lors d’une thérapie de couple.
Ce que j’essaie alors de mettre en place, c’est une communication émotionnelle. Elle est la voie royale vers tout changement et toute innovation dans le couple : à travers des mots et des gestes, avec attention, sensibilité et bienveillance. Nous sommes à l’écoute de nos deux ressentis, aussi différents soient-ils.
Ce qui serait vraiment naïf serait de croire que le couple peut durer de façon satisfaisante sans passer par ce type de communication et ce degré d’échanges.
Lutter ensemble contre certains stéréotypes: ” Nous nous aimons donc nous n’avons pas besoin de parler ” ou ” le couple c’est naturel, pas besoin de se casser la tête”- pour inventer et installer une nouvelle façon de vivre?
Cela implique concertation et complicité exprimée.
Nous savons alors que nous pourrons compter l’un sur l’autre pour discuter, réfléchir, en acceptant qu’imperfections, échecs et remises en questions soient du domaine du possible !
La confiance aveugle fait enfin place à une confiance lucide: base d’une véritable intimité du couple.
Le couple est la plus petite cellule de notre civilisation …
… et si nous ne nous en occupons pas, comment pourrions-nous envisager l’évolution de notre société ?
C’est en grande partie pour cette raison et à partir de cette réflexion que j’invite les hommes et les femmes à participer à des échanges, des recherches, des discussions, sur le thème de la vie de couple.
La relation de couple est complexe et elle n’a plus de modèle. Le dernier modèle date du XIXème siècle et il est largement périmé.
Soyons lucides: le couple invoqué par la société moderne est un leurre. Il n’y a pas, dans la durée, de couple qui parvienne naturellement à concilier désir, amour romantique, érotisme, fantaisie, épanouissement personnel, sécurité, confort, gestion du quotidien, organisation des tâches domestiques … Les couples ont un intérêt économique et pratique à vivre en commun, à partager un toit et des ressources.
Le couple doit assumer 4 fonctions : amants ( désir et plaisir sexuel ), amis ( complicité et solidarité ), entrepreneurs ( organisation et gestion de la maison ), parents ( élever et éduquer les enfants ).
Une 5ème fonction depuis peu de temps: le télé travail à la maison.
Et l’amour dans tout ça ? Que va-t-il devenir ?
Afin de réfléchir ensemble et pour toutes les personnes curieuses de notre évolution :
Les rendez-vous sont pris: Les “Ateliers du Couple” tous les 2èmes vendredis du mois de 20h à 22h ” “L’après-midi du couple” : Colloque annuel 1er colloque le 16 Octobre 2021
2ème colloque le 22 Octobre 2022
A bientôt !
Nostalgie de la passion
Question : « La nostalgie de la passion m’empêche de construire mon présent. Je voudrais conserver notre relation avec mon compagnon. Et si je cherche des repères, je n’en trouve pas. Et si je cherche à exprimer mes vrais désirs, ils ne sont pas réalisables. Mes souvenirs de fusion amoureuse gâchent par leur magnificence, un présent beaucoup moins torride. je n’arrive pas à retrouver la passion du début. Notre histoire est-elle finie?
Dois-je me séparer de lui ? Dois-je faire le deuil de la passion ? »
Réponse : J’avoue que le choix est difficile. On voudrait garder les deux en l’état. ce n’est pas possible.
Il y a néanmoins une solution qui réside dans la manière de me séparer d’un personne sans la quitter vraiment et une manière de faire le deuil de la passion en transformant celle-ci.
Il est nécessaire pour cela d’envisager le couple non pas dans la fusion mais dans le respect des différences. La passion amoureuse nous isole des autres alors que nous avons besoin d’un environnement diversifié pour nous enrichir et évoluer.
Au bout d’un certain temps de vie commune, notre compagnon ou compagne ne nous suffit plus et c’est humain. Cela ne veut pas dire que nous ne nous aimons. Nous nous aimons autrement. Ce n’est pas catastrophique à condition que nous puissions transformer notre relation en construisant un lien d’une tout autre nature. Un lien moins fusionnel mais plus harmonieux. Une fusion réduit l’espace entre deux êtres qui se veulent ressemblant. Une harmonie enrichi l’espace entre deux êtres qui évoluent et se différencient. La communication devient indispensable.
Séparons-nous de l’idée de tout faire ensemble, d’avoir le même avis sur tout, d’avoir les mêmes projets, les mêmes désirs. Inventons une nouvelle façon d’exprimer notre attachement : « C’est vrai, nous ne nous aimons plus comme avant mais nous sommes bien ensemble. »
Asseyons-nous et parlons, agissons. Etablissons les bases d’une nouvelle relation bâtie sur une autre passion, oui, celle de vivre ensemble nos différences!. ( voir explications page 48 du livre « A nous deux, le couple ! »)
