Tel est le constat dévoilé en premier lieu lors d’une thérapie de couple.
Ce que j’essaie alors de mettre en place, c’est une communication émotionnelle. Elle est la voie royale vers tout changement et toute innovation dans le couple : à travers des mots et des gestes, avec attention, sensibilité et bienveillance. Nous sommes à l’écoute de nos deux ressentis, aussi différents soient-ils.
Ce qui serait vraiment naïf serait de croire que le couple peut durer de façon satisfaisante sans passer par ce type de communication et ce degré d’échanges.
Lutter ensemble contre certains stéréotypes: ” Nous nous aimons donc nous n’avons pas besoin de parler ” ou ” le couple c’est naturel, pas besoin de se casser la tête”- pour inventer et installer une nouvelle façon de vivre?
Cela implique concertation et complicité exprimée.
Nous savons alors que nous pourrons compter l’un sur l’autre pour discuter, réfléchir, en acceptant qu’imperfections, échecs et remises en questions soient du domaine du possible !
La confiance aveugle fait enfin place à une confiance lucide: base d’une véritable intimité du couple.
Le couple est la plus petite cellule de notre civilisation …
… et si nous ne nous en occupons pas, comment pourrions-nous envisager l’évolution de notre société ?
C’est en grande partie pour cette raison et à partir de cette réflexion que j’invite les hommes et les femmes à participer à des échanges, des recherches, des discussions, sur le thème de la vie de couple.
La relation de couple est complexe et elle n’a plus de modèle. Le dernier modèle date du XIXème siècle et il est largement périmé.
Soyons lucides: le couple invoqué par la société moderne est un leurre. Il n’y a pas, dans la durée, de couple qui parvienne naturellement à concilier désir, amour romantique, érotisme, fantaisie, épanouissement personnel, sécurité, confort, gestion du quotidien, organisation des tâches domestiques … Les couples ont un intérêt économique et pratique à vivre en commun, à partager un toit et des ressources.
Le couple doit assumer 4 fonctions : amants ( désir et plaisir sexuel ), amis ( complicité et solidarité ), entrepreneurs ( organisation et gestion de la maison ), parents ( élever et éduquer les enfants ).
Une 5ème fonction depuis peu de temps: le télé travail à la maison.
Et l’amour dans tout ça ? Que va-t-il devenir ?
Afin de réfléchir ensemble et pour toutes les personnes curieuses de notre évolution :
Les rendez-vous sont pris: Les “Ateliers du Couple” tous les 2èmes vendredis du mois de 20h à 22h ” “L’après-midi du couple” : Colloque annuel 1er colloque le 16 Octobre 2021
2ème colloque le 22 Octobre 2022
A bientôt !
L’érotisme, la dimension humaine de la sexualité
Pour les femmes, il n’y a pas d’intimité sans dialogue ni partage verbal.
Elles recherchent plutôt l’étroitesse des liens ou même la dépendance.
Pour les hommes, côtoyer le conjoint sans échanger de parole constitue tout de même un partage, partage de temps, partage d’intérêt.
Les hommes privilégient ainsi l’autonomie, l’indépendance et même la solitude, mais il faut que l’autre, sa compagne, ne soit pas trop loin.
La femme ne prend pas assez au sérieux ses propres exigences érotiques et affectives. Elle ne sait pas “imposer” son désir du désir, là où tout se joue, là où tout s’apprivoise, se fabrique, s’invente, s’imagine, se crée.
L’acte sexuel en tant que tel (génital) n’est pas désirable. Le “câlin” est désirable.
L’homme est également souvent piégé par ses propres réactions sexuelles (érection) dont il ne sait comment se “dépatouiller” alors qu’il désire, lui aussi, lenteur, douceur, et durée de la sensualité pour plus de délectation dans le plaisir… bref, plus d’érotisme …
Nostalgie de la passion
Question : « La nostalgie de la passion m’empêche de construire mon présent. Je voudrais conserver notre relation avec mon compagnon. Et si je cherche des repères, je n’en trouve pas. Et si je cherche à exprimer mes vrais désirs, ils ne sont pas réalisables. Mes souvenirs de fusion amoureuse gâchent par leur magnificence, un présent beaucoup moins torride. je n’arrive pas à retrouver la passion du début. Notre histoire est-elle finie?
Dois-je me séparer de lui ? Dois-je faire le deuil de la passion ? »
Réponse : J’avoue que le choix est difficile. On voudrait garder les deux en l’état. ce n’est pas possible.
Il y a néanmoins une solution qui réside dans la manière de me séparer d’un personne sans la quitter vraiment et une manière de faire le deuil de la passion en transformant celle-ci.
Il est nécessaire pour cela d’envisager le couple non pas dans la fusion mais dans le respect des différences. La passion amoureuse nous isole des autres alors que nous avons besoin d’un environnement diversifié pour nous enrichir et évoluer.
Au bout d’un certain temps de vie commune, notre compagnon ou compagne ne nous suffit plus et c’est humain. Cela ne veut pas dire que nous ne nous aimons. Nous nous aimons autrement. Ce n’est pas catastrophique à condition que nous puissions transformer notre relation en construisant un lien d’une tout autre nature. Un lien moins fusionnel mais plus harmonieux. Une fusion réduit l’espace entre deux êtres qui se veulent ressemblant. Une harmonie enrichi l’espace entre deux êtres qui évoluent et se différencient. La communication devient indispensable.
Séparons-nous de l’idée de tout faire ensemble, d’avoir le même avis sur tout, d’avoir les mêmes projets, les mêmes désirs. Inventons une nouvelle façon d’exprimer notre attachement : « C’est vrai, nous ne nous aimons plus comme avant mais nous sommes bien ensemble. »
Asseyons-nous et parlons, agissons. Etablissons les bases d’une nouvelle relation bâtie sur une autre passion, oui, celle de vivre ensemble nos différences!. ( voir explications page 48 du livre « A nous deux, le couple ! »)
Le couple est mort, vive le couple !
S’il y a tant de livres sur le thème du couple, c’est que le couple va mal. Tous ces ouvrages sont semblables à des ambulances qui affluent sur le lieu de l’accident. Quand je dis que le couple est mort, je parle de celui qui existait dans notre tradition et qui entre en collision avec les conditions de vie contemporaines. Je ne prétends pas essayer de le ressusciter, je n’y tiens pas non plus, car tel qu’il tente de subsister aujourd’hui, le mariage d’amour instauré au XIXe siècle ne me semble satisfaisant pour personne. Le désir de former un couple dans la continuité et l’harmonie est toujours présent au fond de chacun·e d’entre nous malgré les souffrances et les frustrations qui en découlent. Partant de ce désir, qui me semble précieux, je cherche à façonner un couple radicalement nouveau, à la lumière de mon expérience professionnelle et personnelle. J’ai longtemps voulu comprendre, j’ai beaucoup dénoncé, j’agis au quotidien pour tenter de construire et d’aider à construire. Ce que je souhaite à travers ce livre, c’est transmettre mes observations, exprimer mes trouvailles, mes idées, mes questionnements et mes doutes. Et proposer une vision du couple à la fois idéale et concrète : une utopie du couple enfin à notre portée.
Tout le monde se plaît à dire que le couple est naturel …
La relation de couple, la sexualité, la parentalité, sont souvent perçues comme des fonctions naturelles, au même titre que marcher ou se nourrir. Il n’en est rien ! Le besoin d’aimer et d’être aimé comporte de façon implicite élan amoureux, peur de la solitude, désir de créer une famille, besoin de confort et de sécurité, désir de faire comme tout le monde, quête de normalité et de valorisation personnelle. La construction du lien entre les deux protagonistes va tenter d’intégrer l’ensemble de ces attentes.
