Non, mis à part quelques exceptions liées à des circonstances émotionnelles exceptionnelles, lors d’évènements tragiques ou euphorisants. Arrêtons de penser la sexualité avec l’unique repère de l’amour-passion. Réflexion, patience et délicatesse sont les mots qui se rapprochent le plus de la réalité d’une sexualité dans le couple qui dure.
De façon générale l’homme reproche à la femme son manque de spontanéité et la femme reproche à l’homme son manque de retenue. On pourrait croire que ce constat ne vaut que pour les couples de sexe différent alors que ces reproches sont exprimés de façon similaire chez les couples homosexuels. Ce n’est donc pas la différence des sexes qui est en jeu mais la durée de la relation, la routine, la différence de personnalité et une évidente relation de pouvoir qui s’exprime subtilement et inexorablement dans l’intimité du couple.
La vie de couple : comme un écheveau de sentiments, assemblage compliqué d’émotions et de comportements liés entre eux par un attachement amoureux dans lequel seules la communication et la tolérance pourront réconcilier et harmoniser les différences de ressenti.
Dans la passion réciproque, faire l’amour … c’est un peu toujours le même échange.
Dans la durée du couple on confectionne un érotisme toujours différent.
Et si les désirs ne s’accordent pas ?
C’est à celui ou à celle qui désire l’autre personne, d’user de stratagèmes romantico-érotiques pour la convaincre. Croire qu’avec le temps, les sentiments sont acquis et que nous n’avons plus besoin de les exprimer est une erreur. Hommes et femmes ont besoin de se sentir valorisés, appréciés, voire admirés pour entrer dans un jeu de séduction gratuite, désintéressée, qui n’attend ni réponse positive pour se rassurer sur son pouvoir de séduction, ni récompense, ni preuve d’amour. Il est souvent difficile d’amener l’homme et la femme à reconnaître la nécessité d’une préméditation désintéressée.
« Si ce n’est pas spontané, ce n’est pas naturel … c’est qu’on ne s’aime pas vraiment ! »
L’érotisme est une expérience où rien n’est acquis d’avance. Il y a une part d’apprentissage, une part de naturel (intuition) et une part de mystère. Pour le couple amant dans la durée, l’échange érotique est le fruit d’une négociation affective et sensuelle qui peut aussi passer par le jeu, un raffinement de l’intimité, une curiosité de l’un.e vers l’autre toujours remise en question et quelques fois sans réponse mais sans découragement.
Dans la quête systématique d’une « efficacité à tout prix », aller vers l’autre est toujours une prise de risque. Accepter les aléas de la séduction fait partie du contrat conjugal.
« Improviser et préméditer dans le couple qui dure »
On pourrait dire, concernant La balade érotique : improviser la préméditation ou préméditer l’improvisation ; dans les deux cas, on laisse la place au mystère et à l’imagination. Penser à notre prochaine balade érotique engendre déjà un plaisir qui se situe dans l’imaginaire et la préméditation. Nous dégustons d’abord en imagination, nous nous « mettons l’eau à la bouche » et nous nous apprêtons à savourer l’inconnaissable et l’inattendu. Nous préméditons l’amour de la même façon que nous nous concentrerions sur un modèle avant d’imaginer le tableau et de le peindre. Il suffirait ne serait-ce qu’une fois par jour d’un regard enjôleur et tendre, d’un baiser, d’un petit geste doux, un contact délicat, un frôlement sensuel, un mot évocateur juste murmuré, une intonation de voix incertaine…
Si l’on est attentif à ce qui se joue dans le moment présent,
on peut offrir à chacun d’accueillir l’autre même si pour un des deux la disponibilité érotique n’est pas présente. On peut essayer de goûter la réponse de l’autre, même si elle est uniquement affective, tendre, voire humoristique. On prend le temps d’aller vers lui, vers elle, et peut-être de nous serrer l’un contre l’autre, nous lover, nous coller, rester là, presque immobiles, goûtant l’instant, dans une douceur commune augmentée par le bien-être et le plaisir d’être pelotonné·e·s et presque figé·e·s dans ce moment déjà voluptueux d’attente ou de non-attente. Beaucoup plus tard… on s’attarde au bord d’un corps aimé, on effleure sa peau, une rondeur, une cambrure, sensations aériennes et charnelles, immobiles et mouvantes. Moments de tendresse pouvant se transformer en moments érotiques ou s’arrêter là.
Et si les désirs ne s’accordent pas ?
Dans le couple dans la durée, c’est à celui ou à celle qui désire l’autre d’user de stratagèmes romantico-érotiques pour convaincre . Croire qu’avec le temps, les sentiments sont acquis et que nous n’avons plus besoin de les exprimer est une erreur. Hommes et femmes ont besoin de se sentir valorisés, appréciés, voire admirés pour entrer dans un jeu de séduction gratuite, désintéressée, qui n’attend ni réponse positive pour se rassurer sur son pouvoir de séduction, ni récompense, ni preuve d’amour. Il est souvent difficile d’amener l’homme et la femme à reconnaître la nécessité d’une préméditation désintéressée.
« Si ce n’est pas spontané, ce n’est pas naturel … … c’est qu’on ne s’aime pas vraiment ! »
L’érotisme est une expérience où rien n’est acquis d’avance. Il y a une part d’apprentissage, une part de naturel (intuition) et une part de mystère. Pour le couple amant dans la durée, l’échange érotique est le fruit d’une négociation affective et sensuelle qui peut aussi passer par le jeu, un raffinement de l’intimité, une curiosité de l’un.e vers l’autre toujours remise en question et quelques fois sans réponse mais sans découragement. Dans la quête systématique d’une « efficacité à tout prix », aller vers l’autre est toujours une prise de risque.
J’ai un blocage
« J’ai un blocage »
Le sentiment de frustration que ressentent les hommes et les femmes qui expriment : « J’ai un blocage », réside le plus souvent dans la difficulté à goûter l’excitation en tant que telle et à laisser venir les réactions sans angoisser. La montée de l’excitation est un délice qu’il ne faudrait pas gâcher par l’anticipation inquiète de l’action. On n’obtient pas toujours tout de suite ce qu’on désire. La cause est souvent la même : un schéma mental dictant une conduite sexuelle trop standardisée, régulée, ennuyeuse et castratrice. C’est notre rôle à nous sexologues d’aider les personnes à transformer ce « constat d’échec » en nouveau départ.
Nous avons un sixième sens
L’excitation sexuelle induit l’intuition ou la faculté de prévoir et de deviner les gestes, les ressentis à venir et laisse s’insinuer la volupté. Nous avons un sixième sens : la faculté de conscientiser notre propre corps et l’espace dans lequel il évolue et de sentir notre propre intuition nous guider pour continuer à savourer. L’univers de la balade érotique se situe dans le mental, le sensuel et l’improvisation. C’est un univers mouvant qui allie volupté, incertitude, explorations, hésitations, maladresses et plaisir de l’imprévu.
L’érotisme est l’art de la sexualité humaine dans ce qu’elle a de plus concret et de plus mystérieux. Pulsion et délicatesse sculptent un lien érotique qui aide le couple à résister à l’épreuve du temps.
