A nous deux le couple… pour qu’il dure longtemps ! Le livre sur le couple dans le long terme est enfin arrivé !
Tout au long de cet essai je propose de transformer l’amour-passion en amour-action. Je veux défendre ici l’idée que, au delà de l’amour, la vie de couple peut se gérer comme une entreprise multifonctionnelle qui a pour pivot la communication émotionnelle. Je reprends les idées reçues sur la vie de couple aux plans conjugal, parental, affectif et sexuel et je propose, en lien avec les exigences de notre époque, des outils pour inventer un couple nouveau.
Beaucoup trop de femmes sont encore dominées par leur soumission. Beaucoup trop d’hommes sont encore soumis par leur domination. La valorisation individuelle, au delà de toute stigmatisation sexuée, va permettre au couple d’évoluer vers plus d’équité parentale, conjugale, affective ou sexuelle. Se remettre en question individuellement, au fur et à mesure de l’évolution du couple, est une nécessité. Cela implique une vigilance de tous les instants pour modifier, inventer, en fonction de nos désirs respectifs et de la situation du moment. Dans le couple, l‘autonomie individuelle permet de ne pas peser sur l’autre, de ne pas désirer du désir de l’autre mais désirer avec ce que je suis et ce que je peux faire.
La partie “balade érotique” de cet essai répond aux attentes de mes impatients et impatientes pour un bien être affectif, sensuel et sexuel. C’est la “balade érotique qui nous permettra de passer d’une passion magique à une création passionnante, d’un acte sexuel sans intérêt à un échange érotique enrichissant: la passion est éphémère, le comportement sexuel génital est ennuyeux, mais l’érotisme peut durer toute une vie.
Le couple nouveau construit avec deux égoïsmes positifs
Prendre soin de soi, avoir confiance en soi, nous permet de ne pas peser sur l’autre. Individuellement nous sommes responsable de notre propre chemin et de ses effets sur le lien du couple. Il s’agit d’un individualisme solidaire. On ne laisse pas l’autre sur le côté de la route mais pour autant on ne fait pas le chemin à sa place.
Tout partager cache souvent un besoin de l’autre étouffant. Ce n’est pas par amour mais par besoin et manque d’initiative. Nous attendons souvent de l’autre une entraide et un soutien sans faille, réminiscence de la phase passionnelle. Nous nous complaisons dans l’attente que l’autre devine nos besoins et nos désirs et les réalise à notre place.
Si je suis bien dans ma peau je serai mieux à même de contribuer à créer un lien de couple serein et solide_ à condition que je sache ce que je ne veux pas, ce que je veux, et que je l’exprime. Nous pouvons bâtir des passerelles entre un “égoïsme positif” qui prend soin de soi et les projets du couple et de la famille.
Apprenons à communiquer. La communication remplace la divination…avec beaucoup plus de résultats!
Pourquoi la passion s’arrête-t-elle?
Je me demande si la nature n’a pas inventé la passion amoureuse pour assurer la survie de l’espèce. Car la passion ne dure souvent que le temps de mettre un enfant au monde.
Les composantes de la passion sont aussi les instruments de sa destruction: croire que le sentiment amoureux de part et d’autre durera toujours, croire que le désir sexuel sera toujours aussi intense( en particulier pour la femme), croire que personne ni aucun évènement extérieur ne sera un obstacle; vouloir très vite, trop vite, ne plus se quitter, vivre ensemble dans la même maison et tout partager. C’est à ce moment-là quand on entre en vie de couple, que commence la lente et insidieuse décomposition de la passion parce que nous nous lançons aveuglément dans un fourre-tout prêt à porter et prêt à vivre dans lequel nous jetons pêle-mêle passion amoureuse, besoins matériels, partage (équitable ou pas ) des tâches, des charges et des responsabilités.
La situation devient difficile. Arrêtons-nous, réfléchissons, passons de la passion à l’action, du magique ” amour- toujours” au probable “amour quelques fois”.
La passion et la fusion s’arrêtent mais l’amour des différences peut durer.
“S’inviter sous le même toit”
Quand la passion amoureuse est là, elle ne ment pas. Elle nous fait vivre des moments magiques, merveilleux, inoubliables. La vie en commun, la promiscuité, l’inévitable routine, l’usure du temps vont nous faire regretter les instants de passion et de fusion.
C’est là, au moment de cette prise de conscience, qu’il est nécessaire d’agir en essayant d’abord de comprendre ce qui nous arrive. La passion ne reviendra pas, il faut passer à autre chose : communiquer plus posément, s’inviter et prendre le temps d’exprimer ce que l’on ressent, notre peine, nos impatiences, nos frustrations, nos désirs. C’est un nouveau langage qui s’installe, plus individuel, plus égo – centré. Ce n’est pas la fin d’une histoire d’amour mais sa transformation en histoire d’amitié amoureuse dans laquelle nous devons faire le deuil de la fusion qui deviendrait destructrice si on veut la conserver.
Nous passons de l’expression d’émotions spontanées à une communication des émotions contrôlées par notre intelligence et notre créativité. Pour ce faire, n’hésitons pas à nous « inviter sous le même toit », afin de nous installer dans une vie de couple que nous désirons conserver dans la durée et la qualité.
Inventer un couple radicalement nouveau ?
Est-il nécessaire d’inventer un couple radicalement nouveau ? Nécessaire et urgent ! Ce couple nouveau, à la fois moins sacrificiel et plus solidaire, trouve sa source et son équilibre dans la valorisation, l’originalité et la créativité des individus.
Il réconcilie le masculin et le féminin dans la fabrication d’une meilleure équité conjugale et affective. Il incite chacun et chacune à s’engager dans une réflexion novatrice, une approche moins conventionnelle, plus en phase avec notre époque, qui part du principe que le couple doit se mettre à la portée de l’individu et non plus au service d’une institution. Il est un « plus » enrichissant pour les individus, et non plus un moyen de compenser leurs manques ou de fuir leur solitude existentielle…
Quand « Ça ne va pas », quand tous les jours fabriquent un peu plus d’ennui et d’insatisfactions, le signal d’alarme est très souvent l’expression du manque affectif et de communication. On ne trouve plus le temps de se poser, on ne fait plus attention à l’autre, on ne prend plus le temps de se câliner, mais surtout on ne se comprend plus, on ne se parle plus. Mais nous n’avons pas le recul nécessaire pour analyser la situation. Nous souffrons sans savoir quoi faire. Nous ne nous parlons plus ou pas assez pour essayer de résoudre le problème. Nous attendons trop longtemps avant de demander de l’aide.
Les couples viennent en thérapie de couple quand tout va mal : « Vous êtes notre dernière chance, nous sommes prêts à nous séparer. », alors qu’Ils devraient agir quand c’est juste moins bien : « Nous ne sommes pas aussi heureux qu’avant, on voudrait voir ce qui ne va pas… ». Ils pourraient à ce moment faire peser le poids de la mésentente sur un lien qui ne demande qu’à être dénoncé et modifié en fonction de leurs désirs.
