L’injonction de performance se fait de plus en plus pressante au masculin comme au féminin.
Un de mes impatients (je nomme ainsi les personnes que je reçois dans mon cabinet), se plaignait de ne pas être « sexuellement performant” et me disait ressentir une “angoisse de normalité”. Celle-ci est à l’origine de la quasi majorité des demandes de consultations masculines. Cette angoisse de normalité est également présente chez de nombreuses femmes qui expriment l’absence de désir et de réactions sexuelles en terme de “blocage“.
Pour lui et pour elle, hétéro, homo, trans, la normalité en matière de sexualité c’est la performance. Il faut être à la hauteur, ressentir un désir sexuel spontané, des réactions sexuelles à la hauteur du défi de la performance, que l’on vienne de se rencontrer ou que le couple dure depuis des années.
J’interprète ce vécu oppressant en terme de “championnite” contemporaine dans le contexte de la sexualité. L’homme exige de lui-même une érection pénienne au garde à vous et qui dure le plus longtemps possible. Parallèlement, la femme exige d’elle-même une excitation et des réactions sexuelles quasi simultanées et équivalentes en intensité à celles de l’homme.
Ors, réactions sexuelles en chaîne et à fortiori simultanées ne sont pas compatibles avec nos différences biologiques, nos différences émotionnelles et fantasmatiques, quel que soit notre genre. Théoriquement tout le monde le reconnaît mais concrètement l’individu réagit comme s’il ne le savait pas. La recherche scientifique et pharmacologique favorise une quête d’activité sexuelle de compétition en faveur d’une sexualité efficace mécaniquement et génitalement.
L’érotisme, l’émotion sexuelle, en terme de désir et de plaisir relèvent plus de la lenteur, de la sensualité, de la tendresse, de la douceur, de l’intuition du mouvement et des gestes.
EROS n’a pas sa place dans cette lutte pour une efficacité à tout prix : une “orgasmocratie” vaine et inhumaine.
La sexualité et ses limites ?
A cette question qui m’a été posée par des étudiants en sociologie, je répondrai d’abord qu’une des limites à la sexualité est la sexualité elle-même telle qu’elle est pensée et vécue aujourd’hui dans notre culture.
L’omniprésence de la génitalité (héritage du souci de reproduction de l’espèce) et l’absence fréquente de sensualité, font de la sexualité un « acte » indigne d’intérêt, indigne de l’être humain. Le souci de la performance mécanique et de la recherche de l’orgasme à tout prix (orgasmocratie) rendent la sexualité vide de sens et de sensualité, vide d’amour.
Que faisons-nous du désir sexuel ?
Que nous soyons homme ou femme, que faisons-nous de nos différences de ressentis, nos différences dans l’improvisation, la fabrication, la soudaineté ou l’attente de notre désir ?
Que faisons-nous quand l’un désire et l’autre pas ?
La relation sexuelle devrait naître de l’aboutissement d’un désir individuel et d’un consentement mutuel, réciproque, partagé. Une sculpture à deux. Un art.
Mon travail de recherche et de dialogue avec mes impatients me conforte dans l’idée que l’évolution humaine, dans le contexte de la sexualité, ne fait que commencer. L’évolution sexuelle s’enrichit de la pensée de tout homme et toute femme qui se posent la question des limites de la sexualité.
Aimer est bon, l’exprimer est un art.
Etre parent est compliqué
Le couple parent
Dans le cadre du couple multifonctions (publications précédentes), après le couple amant, après le couple ami, après le couple gestionnaire, parlons du couple parent.
La fonction parentale est aujourd’hui hyper valorisée et trop souvent source de «burn-out» ! Le couple parental semble requérir des compétences dans tous les domaines de l’accompagnement et de l’éducation, depuis la puériculture, l’animation, la psychologie, jusqu’à la pédiatrie, l’enseignement, et la liste n’est pas exhaustive. Une ambition totalement hors de portée.
Le couple parent, en quête de perfection.
Il se sent désemparé, impuissant et souvent responsable voire coupable face aux difficultés de leur(s) enfant(s). Chacun des parents se sent atrocement seul. Individuellement, ils n’ont souvent plus la force de maintenir une complicité amoureuse dans leur couple. La fonction couple amant est reléguée aux oubliettes. L’omni parentalité est passée aux commandes du couple et a renvoyé les fonctions amant, ami, gestionnaire, au second plan. L’enfant est au centre des discussions, au centre des préoccupations. La relation de couple dans son ensemble est fragilisée, déstabilisée. Le couple ami et le couple gestionnaire ont beaucoup de mal à soutenir le projet parental.
Elever un enfant représente pour de nombreux parents un véritable casse-tête, qu’il y ait un lien biologique ou pas entre parents et enfants. Nous sommes tiraillés entre exigences traditionnelles, parentalité idéale et désir d’apprentissage. Ors, la fonction parentale n’est pas innée. Le papa parfait et la maman parfaite n’existent pas.
Valoriser le couple amant et le couple ami de façon équitable, c’est à dire leur accorder plus de temps, plus de place, favoriserait un équilibre des compétences individuelles et un plus grand confort conjugal.
La valorisation individuelle de chaque parent est aussi importante que la valorisation individuelle de chaque enfant car les deux parents sont leurs premiers modèles.
Formation Thérapie de Couple et Sexothérapie
Vous exercez dans un établissement ou en cabinet privé et vous êtes confronté·e·s à des difficultés autour du couple et de la sexualité ?
Vous souhaiteriez être mieux outillé·e·s pour les prévenir et les traiter ?
Pourquoi est-il essentiel de se former ?
→ Les problèmes d’ordre affectif, les divergences dans les valeurs et les modes de vie, les problèmes d’intimité sexuelle sont majoritairement à l’origine de la fragilité du lien et des causes de séparations.
→ Aujourd’hui, plus que jamais, notre vie de couple est exposée aux conséquences de bouleversements sociétaux sans précédent.
→ Si le mariage traditionnel est un échec sous sa forme traditionnelle, il ne s’agit pas pour autant de renoncer à la vie à deux.
→ Il est impératif, à l’entrée de notre 3ème millénaire, de repenser entièrement les rapports des deux personnes qui forment le couple, rapports qui sont à l’origine de la cellule familiale, donc de la société tout entière.
Afin de répondre à ce besoin et à cette recherche, le Cifres vous propose deux journées de formation pour vous aider à :
Redéfinir les thématiques de la communication entre les deux partenaires du couple.
Reconsidérer le couple dans ses fonctions spécifiques et son intimité sexuelle.
Intégrer une conception totalement novatrice du couple au sein des nouvelles familles.
Les 20 et 21 février 2026
A Tarbes (Hautes-Pyrénées)
Animée par Anne-Marie Wolsfelt Artero et Virginie Gasc
Inscriptions, informations et programme complet sur demande par mail : gascvirginie@gmail.com
Pour plus d’informations; programme, public et pré-requis, moyens pédagogiques, moyens techniques, modalités de suivi et d’évaluation, durée, délai, lieu, formateurs. Vous pouvez vous diriger sur le site https://www.cifres.org/
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Le couple gestionnaire
Dans le cadre du couple multifonctions ( voir publications précédentes ), après le couple amant et le couple ami, le couple gestionnaire est garant du confort matériel et organisationnel des personnes qui vivent sous le même toit. Le couple gestionnaire est soutien logistique et « technicien de surface », responsable de la bonne gestion du temps et de l’espace, d’une distribution équitable des tâches et de leur faisabilité. C’est au couple gestionnaire et non à la mère de famille exclusivement qu’incombent les travaux domestiques d’intérêt général.
Quand il y a des enfants, les rôles, les décisions et les actions s’étendent à toute la famille. C’est grâce à ce type d’organisation et de gestion que nous parviendrons à une répartition véritablement équitable des tâches.
Le couple fonctionne à l’image d’une entreprise, avec l’instauration de réunions en couple et en famille. L’esprit de ces réunions repose sur le respect des différentes fonctions du couple et de chaque individu.
La famille recomposée dessine la famille du futur et met en exergue les difficultés organisationnelles et ses conséquences dommageables sur la vie relationnelle intrafamiliale.
Cette nouvelle famille génère, à mon avis, une saine remise en question du système familial en général. Encore une fois, l’amour ne suffit pas. Respect, communication et diplomatie sont de mise dans toutes formes de vies de couple et de famille.
