Nous sommes dans une époque du « tout en même temps et très vite ». Or, nous ne pouvons pas nous parler dans n’importe quelles conditions, hypnotisés par un écran ou concentrés sur autre chose. Nous devons revendiquer le droit de ne faire qu’une chose à la fois et pas trop vite. C’est un luxe nécessaire utile à la qualité de la communication dans le couple.
Choisissons et laissons libre et disponible des plages de temps pour ne rien faire et rêver, pour la séduction, les attentions, pour l’apprivoisement nécessaire aux invitations amicales, romantiques ou érotiques quand elles sont désirées de part et d’autre.
Si, dans le couple, nous ne prenons pas le temps et l’habitude d’échanger nos ressentis et nos idées régulièrement, nous ne serons pas en mesure d’aborder les aléas qui jalonnent notre chemin de vie : deuils, chômage et autres accidents.
Échanger nos joies et nos peines, nous accorder le temps et l’espace de la légèreté, la fantaisie, mais aussi de la tristesse et des chagrins, c’est nous octroyer le pouvoir d’inventer une communication privilégiée faite de réflexions, d’humour, de compassion et de tendresse.
L’homme et la femme, même combat ?
L’homme et la femme ont intérêt à s’allier pour déterminer ensemble de nouvelles valeurs. Cette réflexion devrait apaiser la polémique suscitée par le rapport de force entre un homme et une femme : domination et soumission.
Pour nous défaire de la domination masculine, ne faisons pas de l’homme un objet d’accusation mais un allié. L’homme subit lui aussi, à différents titres, des pressions mentales. Pour nous défaire de la soumission féminine, ne faisons pas de la femme un objet de victimisation mais une alliée. La femme est soumise à un rôle séculaire d’ordre culturel.
L’incessant combat homme/femme est lassant, stérile, dépassé. Même si certains hommes exercent encore une suprématie sur la femme, un bon nombre d’entre eux la désapprouve. Arrêtons de faire peser le poids de la domination et de la soumission exclusivement sur une identité sexuelle. Déplaçons le combat homme / femme, en combat hommes et femmes contre la tradition et les rôles sexués.
Pourquoi est-ce si difficile ?
Il existe un profond décalage entre le fantasme d’une vie de couple idéalisée et la réalité du quotidien conjugal. Ce fantasme est alimenté par les médias qui proposent comme une normalité culpabilisante et dévalorisante le couple harmonieux, amoureux et de longue durée.
Comme au début de la passion amoureuse, on veut à tout prix garder en nous cette sensation de communication parfaite, sans nuage, ce désir d’être à côté de l’autre parfaitement heureux. À partir de la première incartade de l’un ou de l’autre, panique à bord. C’est l’étonnement puis la déception.
La vie de couple est un art qui s’apprivoise, ce n’est pas quelque chose de naturel. C’est un apprentissage remis en question régulièrement au cours du chemin conjugal et chaque fois que l’un-e ou l’autre en émet le désir.
C’est une entreprise surhumaine et contre nature pour certains, la seule qui mérite d’être tentée pour les autres. Si on mettait autant d’énergie et de plaisir à construire le couple qu’à bâtir une maison, l’issue serait toute trouvée.
“Le couple nouveau”
Le couple nouveau, à la fois moins sacrificiel et plus solidaire trouve sa source et son équilibre dans la valorisation de l’individu et son pouvoir de créativité.
Il invite chacun et chacune à s’engager dans une réflexion nouvelle, une approche moins conventionnelle, en phase avec notre époque.
En sortant des sentiers battus du couple traditionnel, le couple nouveau est plus respectueux de notre présent. Il réconcilie le masculin et le féminin dans la fabrication d’une meilleure équité conjugale et affective.
Le couple nouveau sera un plus et non un moyen de compenser un manque.
C’est une entreprise qui mérite d’être tentée quand la passion amoureuse fait place à l’amitié amoureuse.
L’affirmation du “je” ne signe pas la mort du couple
Le bonheur familial mettait en valeur l’individu à travers l’image stéréotypée du “bon père” et de la “bonne mère”. L’évolution individuelle était souvent considérée comme incompatible avec les résolutions et les impératifs du couple dans la durée et la famille.
À l’encontre des nostalgiques du sacrifice inhérent à la vie de couple, ce qui importe aujourd’hui est d’être heureux soi-même. Le renforcement de la confiance individuelle et l’estime de soi sont trop souvent considérés comme un repli sur soi provoqué par la méconnaissance ou la peur de l’autre.
Il n’est pas nécessaire de sacrifier le “je” ou le “nous” mais d’enrichir l’un par l’autre en commençant par soi car le “je” était là avant le “nous”. En prenant soin de soi, chaque personne contribue à un échange conjugal de qualité, une écoute et une communication émotionnelles plus authentiques.
Je propose un travail d’adaptation entre “l’égoïsme positif” (prendre soin de soi) et le “lien” du couple (lien conjugal, affectif, érotique et parental). Les entretiens individuels sont indispensables à la reconstruction du couple en favorisant la créativité individuelle.
