La communication émotionnelle et la notion de quiproquo…

 

Pour des raisons culturelles, éducatives et physiologiques, l’homme et la femme expriment leurs émotions de façon différente. Ces différences portent moins sur le fond que sur la forme : les intentions ou les projets peuvent être de nature parfaitement identiques mais seront exprimés avec des mots différents et des intonations différentes.
Les préjugés et les stéréotypes sont également un obstacle à la communication, ils nourrissent incompréhension et intolérance réciproques: « L’homme ne parle pas, dans le couple il ne s’exprime pas, c’est un taiseux », « La femme parle trop, de tout et de rien, c’est une pipelette ».

 

Le quiproquo relationnel s’installe lors de la rencontre : instant magique où l’on se croit identiques dans tous les domaines, où le désir commun d’un bonheur enfin partagé va momentanément poser un voile sur les différences. Mais ce statu quo fusionnel ne résistera pas au temps, à la routine, aux particularismes individuels. Une phase de désidéalisation va peu à peu s’installer entre les deux protagonistes du couple. Si cette phase n’est pas accompagnée d’un dialogue, d’une communication relationnelle de qualité, chacun se retranchera dans sa frustration, ses rêves déçus, son insatisfaction et en voudra à l’autre de n’être pas un ou une autre. Il y aura fracture du lien.

Le désir de fusion ou la fusion dans le couple est à l’origine d’un sentiment extrême de solitude, source d’angoisse, de mal-être, et de dévalorisation individuelle: « Comment se fait-il que je me sente seul(e) et incompris(e) alors que nous vivons ensemble ? ».
Le désir de perfection, d’efficacité, produit plus d’impuissance que de satisfaction que ce soit dans le cadre de la perfection conjugale (idéal de l’organisation domestique), ou celui de la perfection de la relation sexuelle (le mythe de l’orgasme simultané). La vie à deux met au travail individuellement et recueille individuellement le fruit de ce travail à travers le lien du couple. L’amour, la passion ne résolvent pas tout ce qui concerne la vie de couple et la vie de famille. Il y a tout un travail de réflexion, gestion, organisation dans le couple comme dans une entreprise avec « réunions de chantier » ce que j’appelle : « s’inviter sous le même toit ».

La communication relationnelle est le moyen de se dire, de dire à l’autre et d’écouter l’autre.
La thérapie de couple ou la médiation conjugale sert à restaurer et à valoriser une conscience individuelle asphyxiée par un désir réciproque de fusion.
Passons de la passion à l’action et nous serons enfin dans l’humain et non dans l’utopie.

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